Très certainement érigée au XIIIe siècle, ou au siècle suivant, l'Église de Gondar dénonce son caractère monastique dans ses différents éléments, tels que les corbeaux sur les murs extérieurs qui témoignent de l'existence de structures rattachées à l'Église, sur les deux côtés.
Étant donné l'ampleur de l'Église que nous connaissons aujourd'hui, le complexe monastique de Gondar aurait, très certainement, des dimensions réduites. Nous sommes donc face à une Église composée d'une nef unique et d'un sanctuaire rectangulaire. Les traits romans de l'Église ont été presque entièrement préservés, malgré les transformations auxquelles elle a été soumise pendant l'époque moderne.

Canoniquement orientée (le chevet vers l'est et la façade principale vers l'ouest), la façade principale est marquée par la sobriété ornementale. Le portail dénonce le caractère tardif de la construction, c'est-à-dire, il est dépourvu de colonnes, les archivoltes s'appuient sur les pieds-droits et le tympan est lisse. Le seul élément décoré de ce portail est justement l'archivolte externe où il est possible d'apprécier le motif échiqueté.
Le portail est surmonté d'un petit oculus avec une grille constituée de cinq cercles placés selon les bras de la croix. Ces deux éléments révèlent une chronologie tardive, plus proche du gothique que de l'art roman. Par conséquent, cette Église s'inscrit plutôt dans le type de bâtiments associés à l'art roman “de resistência” [de résistance], au gothique rural ou, encore, au protogothique.
La structure des portails latéraux, identiques les uns aux autres, confirme cette chronologie. Sur les deux élévations, en plus des deux brèches étroites qui percent les parements, permettant l'éclairage de l'espace sacré intérieur, on peut aussi voir les modillons, assez bien conservés, qui soutiennent une corniche de deux volumes. Les modillons, avec un profil plutôt quadrangulaire, sont lisses ou exhibent une ornementation simple, mettant en évidence les motifs géométriques tels que les rouleaux et les sphères, qui se multiplient.
À l'extrémité de l'élévation latérale sud, près de la façade occidentale, le beffroi obéit au modèle des clochers romans : deux arcs, en plein cintre, abritent les cloches. Les impostes sont les seuls éléments décoratifs. Elles sont composées d'un simple tore, qui s'étend autour de toute la structure, et des pinacles couronnent, comme une pyramide, le bâtiment.

À gauche de l'entrée principale, le font baptismal, avec son bassin polygonal en granit, repose sur un support, lui aussi polygonal. Plusieurs pièces en granit y sont déposées : des fragments de pierres tombales, un bénitier, dont la vasque est ornée de bourgeons, datant sans doute déjà de l'époque baroque. Du côté de l'Épître, près du portail, la niche d'arc en plein cintre, qui s'ouvre sur le parement, accueillait, très probablement, un retable.
Même si nous avons des informations sur l'existence, pendant l'époque moderne, de plusieurs retables et de divers ensembles de peintures murales, aujourd'hui le granit est dominant, au niveau des parements et du sol.
Cela s'explique par l'absence de culte dans cette Église après la construction de la nouvelle église paroissiale, au début du XXe siècle, ce qui provoqua son abandon progressif. Cet abandon ne s'interrompit que grâce à une intervention de restauration en profondeur, pendant la seconde moitié des années 1980, qui essaya de restituer à l'Église son intégrité architecturale et son caractère, en tant que monument et espace sacré.
Parmi ses retables, nous ne connaissons que le retable principal qui se trouve aujourd'hui dans la nouvelle église paroissiale. Il s'agit d'un appareil de retable qui s'inscrit dans le style national appelé bois sculpté portugais (fin XVIIe siècle / 1er quart XVIIIe siècle).
De la peinture murale, il ne reste plus que l'intrados de la niche du mur du fond du sanctuaire. Dans cet espace, nous pouvons aussi apprécier des traces de peintures qui exhibent des figures grotesques entourant des cartels.
L'arc triomphal date sans doute de la même campagne du XVIIIe siècle, compte tenu de ses caractéristiques formelles, ainsi que de la grande fenêtre rectangulaire, avec une grille de fer, perçant l'élévation sud du chevet.
La chaire, dont il ne reste plus que les marches d'accès et la console classicisante qui supporte sa base, serait encore complétée par une protection en bois.